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Léon Haffner, violon / Karen Kuronuma, piano
Happy Flâneries
- Jeudi 8 Janvier, 18h30
- Villa Douce, Reims
Léon Haffner et sa complice Karen Kuronuma nous proposent un programme qui traverse trois esthétiques fondamentales du répertoire pour violon et piano, depuis le classicisme tardif jusqu’aux effervescences romantiques et post-romantiques du tournant du XXᵉ siècle.
La Sonate pour violon et piano en mi bémol majeur, K.302 de Mozart appartient au cycle des sonates dites « palatines », composées en 1778 lors du séjour du compositeur à Mannheim. Ces œuvres marquent une étape importante dans l’évolution de la sonate pour violon et clavier : le violon, auparavant essentiellement cantonné à un rôle d’accompagnement, y acquiert une véritable autonomie thématique. Dans la K.302, structurée en deux mouvements seulement, Mozart déploie une écriture d’une grande limpidité, nourrie de l’esthétique galante mais déjà empreinte d’une maturité formelle. Le dialogue instrumental y repose sur une répartition équilibrée des fonctions, où la ligne violonistique adopte parfois un caractère quasi vocal, soutenue par un piano aux contours harmoniques d’une grande finesse.
Avec la Fantaisie brillante sur des thèmes de Faust de Wieniawski, le programme se transporte pleinement dans le romantisme virtuose. Composée en 1865, cette œuvre s’inscrit dans la tradition des paraphrases d’opéra, alors très en vogue. Wieniawski, lui même brillant violoniste et compositeur au style intensément idiomatique, y exploite toute la palette expressive et technique de l’instrument : doubles cordes vertigineuses, passages en harmoniques, phrasés cantabile d’une grande amplitude. Les thèmes empruntés à l’opéra de Gounod prennent ici une dimension concertante, où la virtuosité transcende la simple illustration dramatique pour devenir véritable poétique du violon.
Enfin, la Sonate pour violon et piano n°3 en do mineur, op.45 de Grieg (1886–87) conclut ce premier rendez-vous des Happy Flâneries 2026 avec une écriture plus dense et introspective. Ultime contribution du compositeur au genre, elle se distingue par son ampleur formelle et son langage harmonique audacieux, marqué par les influences conjointes du romantisme tardif et du folklore norvégien. La tension du premier mouvement, construit sur des motifs concis mais fortement profilés, trouve un contrepoint dans le lyrisme presque pastoral du mouvement central, avant que le final n’unisse énergie rythmique et puissance dramatique. Cette sonate, plus sombre et ambitieuse que les deux précédentes du compositeur norvégien, témoigne d’un travail d’intégration entre tradition européenne et idiome national, dans un idiome profondément personnel.
Un concert qui nous éclairera sur l’évolution du genre sonate pour violon et piano, et les multiples manières dont les compositeurs ont investi le rapport entre virtuosité, expressivité et architecture musicale.
Biographie de Léon Haffner
Diplômé du CNSM de Paris et de la Hochschule für Musik Hanns Eisler Berlin, Léon Haffner commence le violon au CRR de Lyon où il obtient son DEM. Il est admis par la suite au CNSM de Paris, à l’unanimité, dans la classe d’Alexis Galperine, puis en 2019 à la Hochschule für Musik de Berlin, dans la classe d’Ulf Wallin.
Passionné par la musique d’ensemble, il devient à 18 ans violon solo de l’Orchestre français des jeunes (2017-2018), puis intègre l’Orchestre des jeunes de l’Union européenne, ainsi que l’académie du Mahler Chamber Orchestra. Il se perfectionne pour le quatuor à cordes en participant aux académies internationales Seiji Ozawa (Rolle, Suisse) et Nume (Cortona, Italie), et reçoit les conseils de Mihaela Martin, Kolja Blacher, Gerhard Schulz, Nobuko Imai, du quatuor Artémis, qui lui permettent d’approfondir sa personnalité musicale.
En tant que chambriste, il s’est produit aux côtés d’Erich Höbarth, David Gaillard, Andreas Brantelid dans des festivals français et internationaux : Pablo Casals à Prades, les Douves d’Onzain, Bolzano Festival, etc.
Il poursuit sa jeune carrière en se produisant régulièrement au sein du Deutsche Symphonie Orchester Berlin, de la Karajan Akademie der Berliner Philharmoniker, du Chamber Orchestra of Europe et de l’Orchestre de Paris, avec lequel il enregistre en 2023, dirigé par Klaus Mäkelä, chez Decca Classics.
Léon a obtenu un premier prix à la French Music Competition, a participé au concours Carl Nielsen 2022 et est l’un des cinq français ayant participé au Concours International Reine Elisabeth 2024. Il est soutenu depuis 2019 par la Deutschland Stipendium.
Biographie de Karen Kuronuma
Née à Tokyo en 1998, Karen Kuronuma obtient son diplôme de piano à l’université des Arts de Tokyo sous la direction de Chiharu Sakai et Koji Shimoda. Elle étudie actuellement au CNSM de Paris dans la classe de Reiko Hozu ainsi qu’au Conservatoire royal de Bruxelles avec Johan Schmidt.
Karen remporte le deuxième prix au 11e concours international de piano Frédéric Chopin pour les jeunes en Pologne. Elle est également finaliste du 15e concours international d’Ettlingen pour les jeunes pianistes et reçoit le Prix spécial du concours de piano PTNA en catégorie G.
Après avoir intégré le lycée de la faculté de musique de l’université des Arts de Tokyo, elle remporte, à l’âge de 16 ans, le Premier Prix de l’Academy Award de Nomura, le prix d’Iguchi Aiko, le prix d’Encouragement à la musique, ainsi que le Prix NHK au 68e concours de musique du Japon, dans la section lycée.
Elle débute comme soliste avec l’orchestre du Hyogo Performing Arts Center avec le premier concerto pour piano de Chopin. Elle donne des récitals à Hokkaido, Tokyo et dans le Hyogo. En 2018, Karen remporte l’audition de Muza Soloist, qui lui permettra de se produire 2 ans plus tard en soliste avec l’orchestre symphonique de Tokyo dans The Masterpiece Classic. Elle interprète le Concerto pour piano en sol de Ravel. Alors que de nombreux concerts sont annulés et reportés en raison de la crise du Covid19, The Masterpiece Classics enregistre et diffuse le concert sur Niconico Live. La performance de Karen a été visionnée plus de 10 millions de fois et acclamée par les médias pour les nouvelles possibilités qu’offrent les concerts classiques aujourd’hui. Cet enregistrement, intitulé Live from Muza!, remporte l’Oscar du meilleur enregistrement dans la catégorie spéciale et le prix spécial du Music Pen Club.
En 2021, Karen Kuronuma commence ses études au conservatoire de Paris. La même année, elle enregistre son premier CD de piano solo intitulé Les Soirée françaises avec Live from Muza! Elle reçoit de nombreuses éloges pour son interprétation de Maurice Ravel et de Francis Poulenc. Karen est considérée comme l’une des pianistes les plus remarquables de la jeune génération.
Elle remporte le prix bourses Dany Pouchucq au festival Ravel en 2020 et la médaille d’honneur au 67e concours Maria Canals en 2022.
Elle se produit en récital de musique de chambre et en solo, en France, en République tchèque, en Belgique, en Italie, en Espagne et au Japon. En 2022, elle est sélectionnée par l’association Jeunes Talents où elle collabore avec la pianiste Noriko Ogawa, les chefs d’orchestre Naoto Otomo, Daisuke Mogi, Kazuyoshi Akiyama, Péter Csaba, le violoniste Mohamed Hiber, le trompettiste Romain Leleu, le violoncelliste Peter Maintz, le hautboïste Hans-Jörg Schellenberger, et la soprano Juliane-Banse. Elle est sélectionnée par l’académie Santander en 2023.
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