Lundi 29 Avril
 
« Je, Guillaume dessus nommez, Qui de Machau sui surnommez… »
Guillaume de Machaut, le plus grand maître de la musique médiévale initie l’Europe à la polyphonie champenoise.
 
La famille de Guillaume de Machaut est originaire du village éponyme, à 40 km au nord-est de Reims. Mais il est vraisemblable que Guillaume soit né à Reims. On sait cependant avec certitude qu’il y est mort et qu’il fut enseveli en la cathédrale en tant que chanoine. Les sévices de la Grande Guerre ont tout anéanti…
Machaut a acquis ses savoirs de musicien et de poète dans les écoles de Reims. A vingt-quatre ans, il entre comme clerc au service du roi guerrier Jean de Luxembourg dont les états s’étendent jusqu’en Bohême. Il restera son secrétaire particulier et son ami, jusqu’à sa mort. Le siècle de Machaut est épris de « nouvelleté »… L’élan musical qui le caractérise est fièrement baptisé « Ars Nova ». Mais beaucoup y côtoient l’absurde et se fourvoient... Machaut  met de l’ordre, de la raison, de l’âme…
Dans la première partie de sa vie, il accompagne le roi Jean dans toute l’Europe : Italie, Pologne, Luxembourg, mais également, Silésie, Russie et, bien sûr Prague, capitale des Etats de Bohême… Il traverse indemne ces territoires pourtant dévastés par la terrible peste bubonique de 1348.  Partout, il fait découvrir les splendeurs de l’art polyphonique champenois et de l’Ile de France.
A la mort du roi Jean, Machaut, très célèbre, se retire à Reims après avoir été quelques temps au service de sa fille Bonne puis de ses royaux héritiers. Ses revenus de chanoine lui permettent de se livrer très confortablement à ses activités favorites, la musique, la poésie, la chasse.
Malgré les guerres, les épidémies, les famines, Machaut chante la joie, l’espérance. Dans le prologue du « Veoir Dit », il exprime en des vers célèbres ce que doit être la musique :
 
 Et musique est une science
 Qui veut qu’on rie et chante et danse :
 Cure n’a de mélancolie…
 Partout où elle est joie y port
Les déconfortés réconforte,
Et n’est seulement de l’ouïr
Fait-elle les gens réjouir.

Son œuvre musicale compte 141 opus, tous conservés. A cette somme il faut joindre toute l’œuvre poétique, dont 15 romans en vers appelés « Dits » véritables peintures du XIVème siècle. Comme tous les grands maîtres, Machaut jette les bases de la musique à venir, tout en magnifiant celle du passé … « Musique qui les chants forge En la vieille et nouvelle forge »… écrit-il dans le Remède de Fortune.

                                                                                                                                             F.A.

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