Concert n°29 : Commémoration 1918

Dimanche 1 juillet 19h. Basilique Saint-Remi



Titulaire du grand orgue de Saint Eustache à Paris, soliste recherché et improvisateur surdoué, Thomas Ospital, à 28 ans seulement, poursuit une carrière fulgurante. Dans un programme où les grandes pages françaises du XXe siècle côtoient des registres plus contemporains, ce prodige de l’orgue exprimera sa propre voix au fil d’improvisations dont il a le secret. 
 
Ce programme met à l’honneur la musique française du XXe siècle. Quel est votre regard sur ce répertoire ?
Thomas Ospital : Je suis très sensible à cette musique du début du siècle, c’est une période fascinante pour la musique française. Les sources d’inspiration sont nombreuses, les musiques extra-européennes, les recherches musicologiques sur le répertoire ancien, la musique modale… Dans l’œuvre de Duruflé, on retrouve une alliance parfaite entre ligne grégorienne omniprésente et langage personnel. Il y a une réelle identité dans cette musique, un esprit français qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.
 
Comment définiriez-vous cet esprit français ?
T. O. : Cela tient à un juste équilibre, un raffinement extrême, une manière de concilier timbre et forme. C’est une musique qui trouve sa source dans le rêve et l’imaginaire, dans l’expression plutôt que dans l’émotion. C’est une musique d’une grande complexité, hors du temps, avec une dimension onirique particulière. Ravel, par exemple, déploie tout un monde féérique à travers l’utilisation savante de l’orchestre, de l’harmonie !
 
Vous improviserez à plusieurs reprises durant ce concert. Quelle est la part de création dans cette pratique et quelles sont vos sources d’inspiration ?
T. O. : L’improvisation est par essence une création instantanée. Mes sources d’inspiration peuvent jaillir de n’importe quel élément. Cela peut-être une idée, un tableau, un thème, une image. Une fois cet élément choisi, il est un vecteur, il canalise et ordonne les idées.
 
Vous êtes le premier organiste du nouvel instrument de l’auditorium de Radio France. Que représente pour vous cette résidence ?
T. O. : Une chance qui permet de sortir l’orgue d’une forme d’isolement pour le repositionner comme l’instrument de musique qu’il est. Il existe un répertoire pour orgue extrêmement riche mais il y a souvent une vision caricaturale des orgues qu’on rattache trop systématiquement au sacré. La programmation de Radio France permet de toucher de nouveaux spectateurs, de réaffirmer l’identité de l’orgue en tant qu’instrument de concert et de montrer son extraordinaire potentiel dans des répertoires très diversifiés.
 
Titulaire du grand orgue de Saint-Eustache, concertiste, professeur au Conservatoire de Paris… Comment conciliez-vous toutes ces activités ?
T. O. : J’ai besoin de cette carrière très complète dans ma pratique de musicien. Toutes ces facettes forment un tout. J’aime autant jouer et improviser qu’enseigner. Ces différentes activités me nourrissent et s’autonourrissent entre elles. C’est extrêmement stimulant.
 
À force de jouer sur des orgues très différents dans le monde, avez-vous une facture préférée en particulier ? 
T. O. : Il y a toujours une forme d’excitation ou d’appréhension à découvrir un nouvel instrument. Nous avons toujours peu de temps pour apprendre à le connaître. Cette rencontre furtive est parfois un peu frustrante car on a l’impression de ne pas aller au bout. Du coup, j’ai un attachement particulier à l’orgue de Saint-Eustache, car c’est un instrument que je joue très souvent et avec lequel je peux vraiment explorer des univers nouveaux.
 
Quels sont vos compositeurs de prédilection ?
T. O. : J’ai toujours beaucoup de mal à répondre à cette question, il y a de la musique pour toutes les heures et, selon les moments de la journée, j’aime des choses très différentes. Mais j’ai peut-être une préférence pour Bach et Ravel.
 
Après un album consacré à Liszt, avez-vous un autre enregistrement prévu?
T. O. : Un autre disque sur le nouvel orgue de Radio-France vient de paraître. Cet album met en miroir des œuvres de Jean-Sébastien Bach et de Thierry Escaich, entrecoupées d’une série d’improvisations que j’ai réalisées sur le thème B-A-C-H. 
Peut-être un projet autour des œuvres pour orgue mécanique de Mozart dans l’avenir…

Propos recueillis par Anne de La Giraudière
 
N'oubliez pas de réserver vos places en cliquant juste >>ici<
 

Partager

FACEBOOK Twitter Google plus Email Email

Suivez-nous

Espace dons

Espace dons

Facebook

Instagram