Le grand piano s’est tu : il ne sonnera jamais plus comme sous les doigts de Brigitte Engerer
Elle s’en est allée, emportant avec elle tout ses secrets –joyeux ou douloureux- qui avaient jalonné sa vie et forgé une personnalité unique, pleurée aujourd’hui par la grande famille des mélomanes.
Tout entière portée vers les autres - ses amis, ses enfants, son public-, elle a fait don de son talent et de sa musique au mépris de sa propre personne, et à mesure que la maladie l’envahissait, sournoise et funeste, elle tirait de son piano des accents bouleversants.
De la Russie aimée, où elle était allée se perfectionner, elle garda toute sa vie durant une empreinte indélébile et la plaie jamais refermée d’un amour brisé. Elle chérira alors, jusqu’au bout de son destin, cette musique russe qu’elle affectionnait tant au point de s’identifier à ses accents de douleur, de vie et de générosité.
Le public des Flâneries qui l’a fêtée si souvent, gardera le souvenir d’une pianiste absolue et majestueuse. Le concert que nous lui dédions est un hommage de respect et de reconnaissance.
Jean-Philippe Collard
Photo : Alain et Feng Hatat
